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La Maison éclose vous montre son Trains de vie

Un détail de l'affiche Trains de vie
Un détail de l’affiche Trains de vie

La liste des 50 écrivain-e-s retenu-e-s pour le projet Trains de vie est pratiquement terminée. Nous y mettons la dernière main et elle sera communiquée en fin de semaine.

Le samedi 30 septembre prochain (retenez bien cette date!), les auteur-e-s liront des histoires et interviendront sur les lignes suivantes:

– le réseau ferroviaire des Chemins-de-fer du Jura (CJ)
– ligne La Chaux-de-fonds – La Sagne – Les Ponts de Martel (TransN)
– ligne La Chaux-de-fonds – Le Locle – Les Brenets (TransN)
– funiculaire La Coudre – Chaumont (TransN)
– ligne Neuchâtel – La Chaux-de-fonds (BLS / CFF)
– ligne Delémont – Porrentruy (CFF)

L’événement est organisé en partenariat avec l’Office de la culture du Canton du Jura, les Chemins de fer du Jura (CJ), les Transports publics neuchâtelois (TransN), les CFF, Arcinfo-L’Express-L’Impartial et RTS-La 1ère.

Il est soutenu par l’Association Vaudoise des écrivains (AVE), l’Association des écrivains neuchâtelois et jurassiens (AENJ), la Société fribourgeoise des écrivains (SFE), et les communes suivantes: Courroux, Delémont, Develier, La Chaux-de-fonds, Le Noirmont, Les Brenets, Les Ponts-de-Martel, Les Genevez, Porrentruy et Rossemaison

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Trains de vie, le projet de la Maison éclose en 2017

Odile Cornuz, La Maison sur les quais 2015, photo Anne Bichsel

Le 30 septembre 2017, 50 écrivain-e-s prendront le train. Ils-elles embarqueront à Neuchâtel, Porrentruy, Tavannes, Travers, Delémont, la Chaux-de-fonds ou Saignelégier, quelque part entre les cantons du Jura et de Neuchâtel.

Chaque écrivain-e parcourra les wagons en proposant aux voyageurs-euses qui le souhaitent un bref instant de lecture, l’extrait d’un dernier livre, une histoire inédite, un manuscrit, un conte, un temps hors du temps ou une parenthèse poétique.

Le lieu de leur embarquement importe peu. Au cours des semaines qui précéderont l’événement, en partenariat avec les médias régionaux, nous aurons annoncé leur passage, l’expérience à partager, les histoires à écouter et les auteur-e-s à croiser. Comme dans un jeu de piste, nous laisserons les hasards ou la curiosité des passagers provoquer les rencontres avec ces lecteurs et lectrices d’un jour. Sur les réseaux sociaux, les traces des lectures composeront la géographie de l’événement.

Les inscriptions au projet sont closes. Les auteurs retenus seront informés d’ici au 9 juin prochain.

L’événement est organisé en partenariat avec l’Office de la Culture du Canton du Jura, les Chemins du fer du Jura (CJ), Les Transports publics neuchâtelois (TransN), Arcinfo-L’Express-L’Impartial et Radio Télévision Suisse La Première.
Il est soutenu par l’Association des écrivains neuchâtelois et jurassiens (AENJ), l’Association vaudoise des écrivains (AVE) et la Société fribourgeoise des écrivains.
Les communes suivantes ont généreusement contribué: Delémont, Develier, La Chaux-de-fonds, Les Genevez, Neuchâtel, Porrentruy et Rossemaison (en cours)

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La deuxième lettre de prison d’Aslı Erdoğan

Aslı Erdoğan

Cette lettre de prison d’Aslı Erdoğan sera lue le 12 décembre, partout où des initiatives importantes ont été programmées, en premier lieu à la Maison de la Poésie à Paris. En Suisse, les lecteurs la feront entendre dans tous les librairies solidaires le mardi 13 décembre, à 18h.

Chers amis, collègues,

Cette lettre est écrite depuis la prison pour femmes de Bakırköy, quelque part entre un asile de fous et une vieille léproserie. En ce moment, un nombre de “journalistes”, estimé entre 150 et 200, a été emprisonné en Turquie, et je suis l’un d’entre eux.
Je suis une écrivaine, seulement une écrivaine, auteure de huit livres traduits dans de nombreuses langues, incluant le français. Depuis 1998, je travaille comme chroniqueuse en essayant de combiner littérature et journalisme dans mes chroniques. Les derniers Prix Nobel sont un signe que les “limites rigides” de la littérature sont remises en question avec justesse.
J’ai été arrêtée pour la raison, ou plutôt le prétexte, que je suis un des “conseillers” de Özgür Gündem, le soit-disant “journal kurde”. Même si les lois régissant le journalisme ne donnent aucune responsabilité aux conseillers d’un journal, et qu’aucun parmi les centaines de procès intentés aux journaux n’ait inclus ces symboliques “conseillers”, six de ces conseillers ont été accusés de “terrorisme” : Necmiye Alpay, linguiste et activiste pour la paix, Bilge Cantepe, fondateur du Parti Vert, Ragıp Zarakolu, éditeur et candidat pour un Prix Nobel de la Paix, Ayhan Bilgen, parlementaire, Filiz Koçali, journaliste féministe.
En fait, parmi ces 150 “journalistes”, il y a plusieurs écrivains, des académiciens, des critiques littéraires, mais ils sont tous en prison pour leur travail journalistique.
La situation de la presse est alarmante. Environ 200 journaux, agences de presse, radios et chaînes de télévision ont été fermées sur ordre du gouvernement en à peine 4 mois. Une “punition collective” a aussi été administrée au journal Cumhuriyet, le plus vieux journal de Turquie, bastion de la social démocratie. Comme pour Özgür Gündem, tous les noms listés comme conseillers et éditeurs ont été arrêtés pour avoir approché des organisations terroristes, y compris l’éditorialiste culturel et un caricaturiste !
Le journal Cumhuriyet a il y a peu courageusement publié des rapports sur les relations entre la Turquie et ISIS (Daesh) et a fermement protesté contre les attaques d’enragés contre Charlie Hebdo. De nombreux journalistes, y compris moi, ont été poursuivis pour leur solidarité avec Charlie Hebdo, certains ayant même été condamnés à des peines de prison.
Nous avons besoin de votre soutien, de votre sensibilité et de votre solidarité. PEN, qui est à la base une organisation pour la défense des écrivains, se bat activement pour la liberté des journalistes. Quand la liberté de pensée et d’expression est en danger, il n’y a plus de discrimination.
“Liberté, Egalité, Fraternité”: ce sont des concepts que nous devons à la Révolution française ! Plus de deux siècles ont passé qui ont donné du sens, et une réalité, à ces concepts, façonnés par des siècles de raisonnement, de pensées et de développement littéraire, découlant de siècles de labeur, de combats, de guerre et de sang… Ces concepts se doivent d’être universels, aussi bien en théorie qu’en pratique, pour tous, sans exception.
Mon sentiment est que la crise récente en Europe, déclenchée par les réfugiés et les attaques terroristes, n’est pas seulement politique et économique. C’est une crise existentielle que l’Europe ne pourra résoudre qu’en ressaisissant les nations qui la composent.
De nombreux signes indiquent que les démocraties libérales européennes ne peuvent plus se sentir en sécurité alors que l’incendie se propage en sa proximité. La “crise démocratique” turque, qui a été pendant longtemps sous-estimée ou ignorée, pour des raisons pragmatiques, ce risque grandissant de dictature islamiste et militaire, aura de sérieuses conséquences. Personne ne peut se donner le luxe d’ignorer la situation, et surtout pas nous, journalistes, écrivains, académiciens, nous qui devons notre existence même à la liberté de pensée et d’expression.
Merci beaucoup.
Sincères salutations

Aslı Erdoğan
Prison de Bakırköy C-9

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Cette lettre est publiée conjointement par l’ensemble des revues et associations européennes qui soutiennent l’action:
Kedistan: http://www.kedistan.net/
Diacritik: https://diacritik.com/
Nuit&Jour: http://www.nuitetjour.xyz/
Actualitté: https://www.actualitte.com/
et la Maison éclose ici.

Les fac-similés de la lettre
lettre-aslierdogan_1-5-decembre-2016-01
asli-erdogan-lettre-journalistes-5-decembre-2016-02